Cordes, poignées Jumar (autobloquantes) et autres perforateurs : chargés comme au temps de l’extraction, Nina Caprez et Aymeric Clouet, guide et alpiniste de Chamonix, sont sur le chemin qui mène au secteur Moumu Nord. Ici aussi, il va s’agir de faire des trous, mais cette fois, ce sera pour y mettre des spits, poser des relais, de la manière la plus éthique qui soit. «Il faut préserver cette pépite… Au niveau escalade, le potentiel est infini, c’est du délire, là on a équipé 1% ! » détaille Aymeric. « Les murs sont purs, même trop, il y a des endroits où ça ne passe pas tellement c’est lisse ! » Nina évoque la diversité du profil du rocher : « il y a de tout : dalles, verticales, dévers, et une énorme variété de prises : colonnettes, trous, fissures, bacs… On a équipé pour que tout le monde, quelque soit son niveau, se fasse plaisir : du 4 sup accessible à tous au 8 b+, réservé aux experts. Pour moi cette expérience va au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. D’autant que la rencontre avec les habitants est très forte. On se sentait attendus, on n’a pas le sentiment d’être arrivés comme des intrus... " D’après Aymeric, les falaises de Makatea ne seraient peut-être pas si vierges qu’il y paraît : «il y avait des sangles vieilles de 10 ans dans des gros dévers, mais personne n’a jamais aperçu de grimpeurs… » L’événement Makatea Aventure Verticale entend bien remédier à cela. Ouvrir les esprits par l’action. En cette fin juin, des ateliers d’escalade encadrés sont organisés sur tous les secteurs qui offrent au total une centaine de voies, une tyrolienne géante de 200 m dévale à la verticale sur le site Moumu Nord où la cérémonie d’ouverture a lieu, avec exhibitions de grimpeurs. La fameuse via ferrata du Canyon avec ses dizaines de voies d’initiation est prise d’assaut, avec priorité donné aux enfants : s’ils accrochent, ils seront la première génération spontanée de grimpeurs polynésiens. Olivier Testa, plongeur spéléo qui a mené de folles explorations à travers le monde, venu pour topographier les grottes de l’île, emmène les volontaires découvrir la grotte d’eau douce de Hina, et son ludique parcours circulaire dans une eau translucide. Au campement qui s’est notoirement étendu et qui bénéficie désormais de véritables cuisiniers, Joseph Grierson, véritable couteau suisse du campement, monte au cocotier pour y installer une moulinette, afin que les enfants puissent s’amuser avant de répéter la pièce de théâtre qu’ils ont répétée avec Marion Courtois, pilier de Maewan, et Gorka Oyarzun, de l’association Waterfamily. L’histoire d’une petite goutte d’eau, Flaggy, devenue la mascotte de bambins qui penseront désormais, plus que jamais, à préserver leur île. Tout un symbole dans un lieu en pleine résilience.