Alex : j’ai de plus en plus d’anxiété dans l’eau, au fil des années. Je ne me mets pas à l’eau comme Marianne aux Marquises, alors qu’on n’y voit rien et que c’est infesté de requins.
Marianne : J’ai un regard émerveillé sur les animaux, un peu comme une enfant. Je suis peut-être naïve, je les aime tellement que j’ai l’impression qu’ils ne me feront jamais de mal. Ils sentent que je n’ai pas peur, je me dis ça en tous cas. Le vrai danger en mer, ce sont les courants, les marées, les passes, tout ce qui requiert une grande connaissance du milieu.
Alex : j’ai quand même failli perdre Marianne en plein Pacifique. On était à proximité d’une passe près d’un atoll isolé et sans habitants, le seul bateau au mouillage. Je prends toujours des palmes, au cas où, Marianne nage à côté et je lui dis de faire attention car le courant forcit. Vingt secondes plus tard, Marianne se fait prendre dans le courant, et se trouve piégée dans une sorte d’entonnoir avec le risque de se faire déchiqueter par les coraux. Coup de bol : un poteau dépasse, elle arrive à s’accrocher après, le courant arrache son maillot de bain, je trace le plus vite possible vers le zodiac à un kilomètre de là, quand je monte dedans, je n’avance pas, les courants sont déchainés, 13 nœuds ! J’ai mis 10 mn à la récupérer, avec la peur qu’elle se prenne dans l’hélice du zodiac, elle était tétanisée,
Marianne : c’est à ce moment-là que j’ai eu peur. Quand j’étais accrochée à mon poteau, je voyais les poissons zen au-dessous de moi, je me disais qu’il n’y avait pas de vrai risque. Mais quand il a fallu choper l’annexe, ça été plus flippant.
Alex : dans ce genre d’entonnoir, tu te fais aspirer et éjecter à 2 km. Là, le temps d’appeler les secours avec le téléphone satellite, ils seraient au mieux intervenus dix heures plus tard…