« C’est donc avec curiosité que les villageois nous ont choyé, nous les seuls occidentaux présents. Malgré un hébergement dans une micro grange sans chauffage et sans eau on a vraiment apprécié la gastronomie locale à sa juste valeur. » C’est bien simple : 15 jours d’Ushguli = panse agrandie. D’après ce que je lis, ils n’ont même fait que ça, bâfrer. « Du cochon de lait, du goulash, encore et toujours l’incontournable Katchapouri … C’est convivial, ces festins préparés dans des vieilles maisons, où la présence des vaches réchauffent l’atmosphère des longues soirées d’hiver ! » Oui, vaches et autres animaux de la ferme vivent dans les maisons au foyer ouvert. Bref, ça sent la ferme.
Alors, bien sûr, pour digérer tout ça, il a fallu, les rares journées de soleil, s'encanailler dans des faces vierges, sans en connaître la topographie. C’est ça l’aventure. « Difficile d’évaluer les risques dans ce genre de situation, mais il s’agit pourtant de rester prudent quand les premiers secours sont à Mestia, la ville la plus proche à une cinquantaine de kilomètres de là ». Les sessions solitaire et les belles lignes dans de la neige plutôt agréable et qui n’a jamais dû être beaucoup tracée, ils ont bien aimé nos trois troubadours. Toujours prompts à raturer le moindre espace vierge, sans se soucier de me mettre la rate au court-bouillon. Heureusement, ça n’a pas duré bien longtemps : ils avaient déjà la nostalgie du Katchapouri. Et puis, il fallait bien fêter ça. Ils avaient bien dû noter que le Géorgien des alpages était festif. Il aime danser et boire jusqu’au bout de la nuit. De la tchatcha, genre d’eau de vie à base de raisin au goût de Grappa, qui brûle la rétine et/ou le nerf optique. Du brutal. Avant de boire comme un trou, Jérémy avait conclu sa lettre par ces quelques lignes : « les Svanètes, jeunes comme vieux, sont très attachés à leur culture. On a eu droit à une représentation rien que pour nous avec des chants et des instruments traditionnels. Une troupe folklorique qui chante et danse l’amour, la guerre et les Dieux pour protéger le village. Le ski n’était qu’un prétexte à découvrir ces gens, perchés tout-là haut, préservés de la modernité par l’altitude et l’isolement. On est repartis, heureux d’avoir partagé ces instants avec eux. En espérant qu’il en soit toujours ainsi. »