Combat. Encore. Le deuil du skate en tant que pratique. Mais pas en tant que culture, philosophie, style de vie. "Je ne pouvais pas me résoudre à lâcher ce milieu… Je suis devenu une sorte de grand frère de toute cette génération » Directeur artistique chez le fabricant de snowboards Nidecker, juste avant de créer la marque Yes. Une expérience pénible que le Parrain tourne en dérision : « J’avais dessiné Jésus en train de lécher sa boule de bowling, en hommage au Big Lebowski des frères Coen. Mais le modèle n’a jamais vu le jour à cause de deux benêts qui n’avaient pas vu le film. »
Agitation soudaine dans le shop. Afflux de gosses. Coup de bol, une mini-rampe devant Pulp 68 permet aux gamins de s’entrainer, de débuter. Accès libre. Prêt de planches à ceux qui n'en ont pas. Un petit à casquette blanche qui vient de rider avec brio reçoit les félicitations du patron.
Le musée naîtra au fil des apports privés qui construisent peu à peu une collection qui culmine aujourd’hui à 700 planches et plus de 5000 pièces, « une catastrophe ! » fait semblant de s'exaspérer Jim. Piles de magazines, flippers, consoles de jeux vintage… Boards Farah Fawcett, Pop Art, Star Wars, Booba, The Doors… Jim soupire. « C’est une maladie grave, la collectionnite. Je n’ai pas une seule board à moi ici. Les miennes, je les ruinais jusqu’à la gueule ! » Les planches proviennent de vide-greniers, et à plus petite échelle, de donations privées. Reto Laterza, un ami, bon skateur de Genève nous a donné beaucoup de modèles collectors.» Partout, du sol au plafond, des spécimens comme le Techni-ski (skate avec des bâtons), le skate à moteur, le skate-avion… Ou encore, le modèle Kern, miniature, demi-portion de planche.