LES TEMPS CHANGENT
JB : quand je suis arrivé sur le FWT grâce à Dom qui m’a pris sous son aile, je pensais faire comme lui : voyager aux quatre coins de la planète et shooter de la grosse poudreuse. Et là désillusion : on me colle aux portraits dans l’aire d’arrivée ! Mais c’était juste incroyable : à l’époque, il y avait de la neige, j’ai des images dingues de riders les barbes farcies de peuf. Il y avait moins de pression qu’aujourd’hui, pas de métadonnées à fournir sur toutes les photos, où l’on doit renseigner toutes les infos d’une photo, le nom de l’athlètes, les sponsors etc.
DD : on n’a plus le temps de faire ça, c’est dommage parce que ça déglingue : je me souviens de portraits à la porte de départ, à Chamonix avec des lumières de fou, la concentration... Ce qui a changé aussi, ce sont les conditions météo. Quand je suis arrivé dans les Alpes il y a plus de 20 ans, je faisais de la poudre au mois de juillet. Sur les 16 dernières années, le constat est sans appel. La seule chose positive est qu’il y a moins d’avalanches.
JB : il y a un manque de neige certain, c’est plus sec. Mais quand il y a de la grosse belle poudreuse, ce n’est pas forcément là où il y a les meilleures étapes en termes d’images. Exemple : au Japon où a n’a jamais vraiment réussi à mettre en valeur le freeride. Quand il y a trop de neige, les skieurs ne font que tomber. En snowboard c’est différent. Après, les conditions peuvent changer très vite : au Canada, cette année, c’était farci de neige, un seul jour de mauvais et ça a complètement décapé la face, à tel point qu’on a pu lancer la compétition.
DD : ce qui a changé aussi par rapport au climat, c’est que l’on prend moins l’hélico. À partir de cette année, on monte à pieds ou en peaux sur toutes les étapes, sauf celles de Suisse et d’Autriche.
JB : C’est pour être plus écolo, mais on a aussi du mal à trouver des pilotes qui savent piloter pour de la prise de vue en compète.
DD : Et ce n’est pas parce qu’on a les « meilleurs » pilotes, qu’on a les meilleures photos. Avec certains on se croirait plus au Vietnam…Centrifugés ! Heureusement, pour s’y retrouver, et savoir qui est tel athlète sur la photo, on synchronise nos boitiers avec les mêmes infos.
JB : Oui, heureusement, car en salle de presse, c’est un sketch : qui n’a pas entendu Dom dire : « oh putain, c’est la cata, toutes mes photos sont floues ! oh putain mon disque dur… Je l’ai oublié ». Etc.
DD : ça c’est pour le côté cerveau. Mais ce qui change aussi, c’est que je prends de l’âge et que je dois m’entrainer plus qu’avant ! Vélo, natation, ski. Je dois pouvoir suivre des jeunes surentrainés de 20 ans de moins que moi !