On poursuit la Fashion Wing. Ici, une combinaison datant de 2003. « La première avec laquelle j’ai sauté de falaise et ouvert mes premiers vols montagne. Notamment les 2000 m de dénivelé du Grand Chavalard, devenu un classique depuis… Stylée pour une antiquité ! Et avec des baguettes déjà ! » Entre temps, le carbone a remplacé le bois ou le plastique dans ces baguettes dont le rôle est d’augmenter la surface de l’aile.
La longue collaboration entre la Suissesse et le Croate a permis d’améliorer la performance, notamment grâce à une finesse de vol accrue, à 3, 5 (pour 1000 m de chute, 3500 m de distance parcourue…). « Désormais, on voyage ! cela nous permet de jouer avec le relief de manière plus horizontale, de le raser ou de s’en éloigner d’un simple mouvement de bras, et d’avoir suffisamment de marge pour finir très loin dans la vallée ! » Finesse du tissu également, 27 grammes par m2, qui met les modèles les plus légers à moins de 2 kilos.
Très tôt, Géraldine la créative a poussé Rob le fantasque dans ses retranchements. « A l’époque, j’étais l’une des seules à faire des gros vols montagne et j’avais donc besoin de place pour embarquer mon matériel. » Sur la première Vampire, elle se plaint de manquer de poches pour mettre sa corde, ses bâtons, son baudrier, ses piolets, ses crampons… Rob lui répond qu’il ne va quand même pas développer un modèle rien que pour elle… «Et puis, là, il sort la Venom : des poches de partout, sans remettre en cause l’aérodynamisme. Je n’avais plus à me limiter dans mon matériel, avec parfois, l’obligation d’abandonner un saut à cause de l’absence de tel ou tel équipement. C’est avec cette combi que j’ai ouvert les Drus en 2012. » Clin d’œil complice. Limites du sport repoussées.
Tandis que Rob positionne un logo Che Guevara -chaque client veut sa signature personnelle, il y en a pour tout le monde, y compris pour les amateurs de bière- il raconte ses débuts dans le métier. «Mes premiers sauts en skydive datent de 1982, j’avais 15 ans. Pour étudier les trajectoires, je découpais des petites voiles dans le parapluie de ma mère auxquelles j’accrochais mes hamsters (sains et saufs, inutile d’alerter la SPA) pour les faire voler de ma fenêtre… » Deux ans plus tard, alors que son hamster préféré totalise une dizaine de sauts en base, Pecnik commence à coudre ses propres combinaisons. Après avoir arrêté les compétitions en 1999, il se lance à fond dans la production. Avec son lot de nouveautés permanent. « Chaque année, les modèles s’améliorent » s’enthousiasme Rob. « Parmi les progrès significatifs : les ailerons aux chevilles en carbone, sortis en 2014, qui permettent de tourner avec précision où l’on veut. » « L’impression d’avoir un moteur aux fesses », confirme Géraldine.