Ex danseuse de ballet, venue des montagnes, Darci Liu, jeune femme à la plastique parfaite a le même parcours improbable que son collègue TZ. A sa première compétition, elle remporte le titre du meilleur wipe-out (chute) ! Mais en sourit. Très active sur les réseaux sociaux, Darci sait que son joli minois a plus pesé dans la balance que ses performances. Mais cela n’entache pas son bonheur. Elle qui rêvait de sortir de son pays est allée en Europe pour la première fois de son existence en 2013. Elle voit, elle aussi, les vagues se peupler. « Je dirais 15 % de surfeurs en plus. Sur les contests locaux, on a régulièrement une cinquantaine de Chinois. Et désormais, on peut obtenir un visa plus facilement notamment vers les autres pays asiatiques. J’ai déjà beaucoup voyagé aux Maldives, à Bali, et aux Phillippines. » Darci a dû hélas abandonner son surf shop : comme partout dans les grandes villes, l’immobilier est devenu hors de prix. Dommage alors même que les planches se vendent de mieux en mieux….
Pour Nik Zanella, le surf est pour les jeunes chinois l’occasion de redécouvrir leurs liens profonds avec la nature et les éléments. En février 2016, l’Italien a formé 14 instructeurs de surf dans le nouveau surf center de White Castle, à Houhai. Heureux de ses nouvelles recrues, “de voir que le niveau progresse d’année en année, que les profils et les origines sont de plus en plus variés, de Sanya, à Shenzhen, en passant par Fuzhou, ou Chengdu. Et que les vagues très régulières du coin, prouvent une fois encore, que la Chine glissante tient là son épicentre. “En été, quand c’est flat, on voit grossir les contingents de Stand up paddle. Entre novembre et avril, la mousson génère une très belle houle. Les athlètes notre équipe nationale viennent souvent s’y entrainer. Sans parler des locaux et des étrangers qui fréquentent de plus en plus le lineup.” Zanella veut organiser une compétition de lifesaving, former des juges. “Les surfeurs chinois les plus expérimentés officient déjà auprès de la représentation locale l’Association Internationale de Surf et de la WSL (World Surf League) en tant qu’ouvreurs et beach marshals”.
En 2015, Nik Zanella organisait le premier surf camp de l’histoire en Corée du Nord. Il a commencé à cartographier la zone, déniché quelques spots.
Mais, ça c’est une autre histoire.
A lire : Jours barbares de William Finnegan. Ce sera peut-être la première et la dernière fois que le prix Pulitzer est attribué à un surfeur…