Le cratère, situé à cheval sur la province chinoise de Jilin et celle, coréenne de Ryanggang est un lieu d’autant plus sacré que la légende, ou plutôt la propagande ?- prétend que Kim Jong Il (dirigeant de la Corée du Nord de 1994 à sa mort en 2011) est né sous un double arc-en-ciel sur cette montagne, tout près de ce lac-cratère. Et que le jour de sa mort, la glace aurait craqué si fort que le ciel et la terre en auraient tout entier tremblé. Ils sont a priori tous dingues, dans la famille Jong. Même s'il est vrai que ce qui filtre de ce volcan sacré ne donne pas envie de danser la gigue. Car si le Mont Baekdu, montagne Changbai pour les Chinois, se réveillait, ce serait un cataclysme, voilà au moins un point où les deux Corées sont d'accord, à part quand elles sont Hockey sur glace*. Car il y a 1000 ans, son éruption fut aussi puissante que celle de plusieurs bombes atomiques. Et ces dernières années, le cratère semble sortir lentement de son coma, donnant quelques effrayants signes de vie...
Sam et Xavier, tout à leurs repérages dans la face frissonnent tout juste. « Il y a de belles lignes à faire dans ce cratère» précise encore ce dernier qui découvrait « ce pays d’extra-terrestres » dans lequel il a eu l’impression de passer pour un ovni. «Les Chinois en sont au début, ils n’ont pour le moment aucune culture de la glisse. Le snowboard est leur outil préféré, non parce qu’ils le maîtrisent forcément mieux, mais parce que c’est à la mode, et là-bas, l’image et le statut social sont primordiaux. Ils font beaucoup de selfies assis, les fesses dans la neige… C’est intéressant et étonnant ce décalage culturel. Passionnant d’être témoin de cet énorme boom des sports de glisse dans un pays où la notion de hors-piste n’est pas encore définie. Y compris à Powder Paradise, qui est pourtant l’un des rares domaines dédiés à la pratique, où l’accès se fait uniquement en motoneige. » Si passer de l’autre côté de la barrière n’est pas légalement interdit, il n’est visiblement pas autorisé, considéré comme dangereux, comme l’ont appris à leurs dépens le trio de riders, qui n’a pas eu la permission des autorités de sortir des pistes balisées. Mais l’ont prise quand même. « Le soir même, notre fixeur-guide était furieux contre nous. Il ne comprenait pas qu’en France et à peu près partout dans les pays occidentaux, les pro-riders passent leur temps à faire du hors-piste, qu’ils sont même payés pour ça ! » commente Xavier, un brin troublé.